Dans le dernier épisode, Charles, designer clubs, nous présentait le design des futurs fers 500. Le projet est maintenant dans les mains d'Alex, modeleur 3D. Sa mission : transposer les lignes imaginées par le designer en un objet 3D respectant les contraintes techniques imposées par les ingénieurs.
Le premier critère que le modeleur 3D doit respecter lorsqu'il sculpte la tête, c'est le poids. Il est défini au gramme près pour chaque fer de la série.
La principale caractéristique des fers 500, c'est d'être des clubs "hollow body", c'est-à-dire que l'intérieur de la tête est creux. Cela permet d'atteindre les objectifs posés par le chef de produit : puissance, tolérance et look.
C'est une aubaine pour Alex car il peut ainsi travailler, non seulement l'extérieur de la tête, mais aussi l'intérieur de la cavité pour ajouter ou enlever du poids plus facilement.
En analysant les dessins produits par le designer, Alex identifie rapidement que l'enjeu se situe au niveau de la "marche" qui fait la jonction entre le haut et le bas de la tête. Son emplacement va avoir un impact direct sur la position du centre de gravité. Or, pour les fers 500, on cherche une position du centre de gravité plus basse et plus en arrière que sur les fers 900, mais moins que sur les fers 100. L'objectif : trouver le parfait compromis entre la puissance, le toucher et la tolérance.
Tout commence par la création d'un "monstre". Alex pose les premiers paramètres de la future tête : le loft, le lie, le bounce et l'offset. A partir de là, il vient commencer à dégrossir la forme pour se rapprocher progressivement de la forme souhaitée par le designer. Le monstre respecte 80% du design et 100% de la cible de masse.
S'en suivent plusieurs aller-retour avec le designer pour affiner les lignes.
Pour obtenir plus de vitesse de balle, on a opté pour une face forgée d'une part, mais également en "L-Cup". Cela signifie que la face n'est pas soudée sur le corps partout sur le pourtour de la face. Une encoche au niveau de la semelle permet de décaler la soudure. Comme la soudure ajoute de la matière, en la décalant, on garde une épaisseur de la face minimale en bas de la tête pour un maximum d'effet trampoline.
Pour rendre un tête tolérante, il faut placer du poids en pointe et en talon. Le fait d'avoir opté pour une tête creuse permet de le faire en travaillant l'intérieur de la cavité.
La tête des fers 500 V2 est légèrement plus courte que celle de la première génération. Comme le poids est le même, cela nous a donc permis d'en ajouter aux extrémités, au bénéfice de la tolérance.
L'offset d'une tête, c'est le décalage vers l'arrière de l'arrête de la semelle par rapport à l'axe du shaft. On en met plus sur un club pour joueur confirmé que pour un joueur expert car il facilite un contact square et le décollage de la balle. Mais un offset important n'est pas très agréable à l'oeil. L'offset a été réduit comparé aux fers 500 V1 et Alex a beaucoup travaillé la transition entre le hosel et la face pour limiter encore la perception de l'offset.
On a aussi retravaillé la top line (le haut de la tête), afin qu'elle paraisse légèrement plus fine, sans jamais être inquiétante. Si vous avez un vieux fer 3 dans votre garage, vous voyez de quoi on parle.
L'arrière de la tête est étudié depuis ce point de vue. Il ne faut pas que l'on voie ce qui se passe derrière la face, on est sur des clubs pour joueurs confirmés, pas sur des clubs débutants !
Les lofts des clubs ont eu tendance à baisser au cours des dernières années. La moyenne d'un fer 7 pour joueur confirmé est autour de 28° actuellement, soit celui d'un fer 5 d'il y a quelques années. Cela permet d'allonger les distances sans pour autant avoir des clubs difficiles à jouer grâce aux progrès techniques. Mais malgré tout, un fer 5 à 22°, cela peut être un peu compliqué à taper pour un joueur autour de 30 d'index. On a donc choisi de le concevoir en tant qu'"utility".
Un utility, c'est la rencontre entre un fer et un hybride. Il a l'aspect d'un fer, mais la semelle et la cavité sont plus grandes. On recule ainsi le centre de gravité afin de le rendre plus puissant et plus tolérant.
Image : à gauche le fer 5, à droite, le fer 6
De l'autre côté de la série se pose un autre problème. Puisque le loft du fer 7 est de 28° et que l'on veut des écarts de 4 à 5° entre chaque club (soit environ 10 mètres), on se retrouve avec un pitching wedge en 42° et un premier wedge en 52°. On a donc ajouté un club, un gap wedge qui permettra d'avoir toujours le bon club pour les attaques de greens. Car il n'y a rien de pire que d'être entre deux clubs dans cette situation. Un petit pitch, un gros 52° ? Ça serait dommage de se retrouver dans cette situation et de rater le green !
Ce gap wedge a été dessiné comme un fer et non un wedge. Il bénéficie donc de la construction hollow body qui le rendra puissant et tolérant. C'est un défi de dessiner un club hollow avec une masse importante (287g) et un loft très ouvert car cela est synonyme de semelle très large, ce qui n'est pas très beau. Alex a donc travaillé la cavité qui est ici très réduite pour atteindre la cible de poids tout en respectant le look de tous les fers de la série.
Parlons des wedges tant qu'on y est. On est reparti des 500 première génération qui sont très performants. On a retravaillé la semelle pour la rendre plus polyvalente. La face est légèrement plus grande afin de positionner le centre de gravité plus haut pour générer plus de spin (la balle s'arrête plus vite sur le green). Quand Alex a projeté le dessin des designers, il s'est rapidement rendu compte que la masse était trop importante. Comme on est sur une tête pleine, on a donc choisi de créer une cavité à l'arrière de la tête dont on a défini la position et la forme afin d'atteindre les caractéristiques physiques souhaitées.
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