Le kiff du joueur expert (index <15), c'est de réaliser le coup qu'il a imaginé. Pour cela, il a besoin de contrôle. C'est le point de départ du brief d'Albert, chef de produit clubs pour le driver 900.
Quand on parle de contrôle sur un driver, on fait référence à la capacité à ajuster la hauteur de balle pour maximiser la distance. On va chercher à garder le spin sous les 2500 tours minute et à limiter la hauteur de balle à 30 mètres.
On reprend bien sûr le principe des 2 tailles (taille 2 : standard et taille 1 : -1 inch) et 3 vitesses de swing (lente, moyenne, rapide), droitier et gaucher, pour répondre à un maximum de golfeurs experts avec 12 profils.
Au niveau de l'architecture, on va repartir du Driver 500 qui est plébiscité pour sa tolérance pour la conception du Driver 900. C'est aussi un bon moyen de garder une filiation entre les différents drivers de la gamme. Les shafts, déjà très bons sur le Driver 500 seront encore un cran au-dessus, on a envie de proposer ce qui se fait de mieux pour tirer le maximum de puissance du club.
Autre différence par rapport au driver 500 dont le loft est à 12°, on va passer sur une tête à 10° pour plus de distance. C'est logique que le loft soit plus bas car, en moyenne, la vitesse de swing à augmente proportionnellement à l'index. 10°, c'est une valeur médiane qui permettra de régler la hauteur de balle via le point de flexion du shaft ou un éventuel système d'ajustabilité sur la tête du driver.
Enfin, le prix sera un challenge pour l'équipe de conception car on vise un tarif autour des 300/350 euros, c'est-à-dire près de deux fois moins cher que les produits équivalents du marché. Rien que ça.
Le job de Charles, designer club, c'est de mettre une image sur les mots du chef de produit. C'est-à-dire de s'approprier le brief est de faire des propositions de dessins.
Ce qui est évident pour Charles, c'est que le Driver 900 doit s'inscrire dans l'ADN stylistique d'Inesis : Athlétique et Elégant. Par rapport au Driver 500, qui sert de base au développement, le dessin doit être plus technique, plus racé. La notion de contrôle va transparaître dans le design par les lignes mais également par les technologies employées : on pourra trouver de l'usinage CNC, du gravage laser, etc. Charles a dessiné une tête légèrement plus petite que celle du Driver 500 afin de correspondre aux attentes visuelles des joueurs experts. Cela diminuera légèrement la tolérance mais favorisera la vitesse de tête de club au bénéfice de la distance.
Charles a également travaillé sur la notion d'ajustabilité sur la tête. Le hosel réglable est une piste qui a été étudiée. Certes, il permet de modifier directement le loft mais il impose de placer beaucoup de poids très haut sur la tête, alors qu'il vaut mieux le placer au plus bas pour abaisser le centre de gravité. Les autres pistes sont l'utilisation potentielle de carbone en plus du titane qui est le matériau principal d'un driver moderne ou bien des poids amovibles. Cela devra bien sûr être travaillé avec les ingénieurs afin d'évaluer l'intérêt golfique et la faisabilité industrielle de chaque solution.
Alexandre et Kevin, modeleur et ingénieur 3D vont pouvoir maintenant travailler à partir des dessins de Charles. Cela donnera à l'équipe une idée plus précise des volumes, du poids théorique de la tête et du positionnement du centre de gravité. Il va falloir également travailler l'intérieur du club, l'architecture et l'épaisseur de la face, mais ça, c'est pour la prochaine fois...
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