Comment progresser avec un mental d'acier ?

Comment progresser grâce à un mental d'acier ?

Jean-Philippe Vaillant

Coach et préparateur mental de golfeurs de haut niveau, Jean-Philippe Vaillant raconte l’univers psychique des golfeurs et aborde quelques clés décisives pour les joueurs amateurs. 

Jean-Philippe Vaillant, quels traits de personnalité unissent les golfeurs professionnels ?
« En réalité, ils sont très différents. Le golf les amène à adopter parfois des comportements similaires, mais chacun réagit à sa façon.

Quelles sont les problématiques auxquelles tous les golfeurs sont confrontés ?
C’est un sport essentiellement mental, comme tous les sports. La première grande problématique, c’est que le golf est un jeu statique : contrairement au tennis, où le mouvement de la balle crée naturellement la concentration, il faut la construire entièrement au golf puisque la balle est immobile. L’autre complexité est que le golf se déroule sur un temps très long, cinq heures, voire plus, et qu’en réalité, l’action compilée représente une minute chez les professionnels, à peine plus pour les amateurs. Cela signifie que le joueur a beaucoup de temps pour se mettre la tête à l’envers…

Comment convient-il de réagir face à ce temps, pas si mort ?
Chaque être humain a ses préférences. Il faut donc chercher les préférences du sportif, déterminer s’il se sent mieux dans une concentration permanente ou s’il fonctionne en mode on/off. Je préfère largement travailler sur les points forts du joueur.

Que peut apporter le golf en termes de développement personnel ?
Comme les arts martiaux, le golf pourrait apporter maîtrise de soi et de ses émotions, mais la réalité est plutôt inverse : le golf gagne souvent sur le mental du golfeur amateur. Beaucoup pensent en effet qu’ils travailleront leur mental à partir du moment où ils seront prêts techniquement. C’est une erreur : il faut bien penser pour exploiter le peu de technique dont chacun dispose. Il faut tout aussi penser juste pour rendre sa technique performante.

Comment un amateur devrait-il travailler, selon vous, pour progresser ?
La première clé serait de bien réfléchir à la manière que le joueur a de s’entraîner. 80% de l’entraînement ne sert à rien et l’idéal serait de se concentrer sur les 20 autres pourcents. Je ne crois pas beaucoup au travail technique, non pas qu’il ne faille pas le faire, mais la façon qu’on a de l’apprendre, et donc de l’enseigner, pose problème en poussant vers les aspects négatifs des choses.

Pourquoi ?
Pour être performant dans quelque chose, il faut que vous soyez dans l’automatisme. Vous conduisez ? Ces gestes, vous les faites en confiance puisqu’on ne vous a pas dit qu’ils sont difficiles. En clair, plus vous apprenez en utilisant votre cerveau, plus vous compliquez la chose. Or, pour automatiser, vous devez cesser de penser. Au practice comme sur le parcours.

Mais le swing est un geste peu naturel !
Ah bon ? Une joueuse du tour européen avait résumé le swing en disant : « Je dis bonjour à droite puis à gauche ». C’est le même geste qu’un revers à deux mains au tennis, qu’un coup de batte de baseball… En réalité, c’est plus facile d’apprendre le swing que d’apprendre à faire du vélo.

Jouer au golf pourrait être quelque chose de naturel, alors ?
Si vous êtes capable de vous concentrer une seconde sur la même chose, vous jouerez bien. La balle va là où vous regardez, vraiment, si vous jouez avec vos moyens, en étant relâché et en oubliant toutes vos pensées sur le jugement des autres et sur vous-même.

Que dire du joueur capable de jouer 5 à l’aller et 50 au retour ?
Il doit apporter trop d’informations sur la technique et utilise son mauvais cerveau. On a deux instances entre nos deux oreilles : l’une est rationnelle - qui comprend et croit bien faire - et l’autre est émotionnelle. Et c’est elle qui, en réalité, pilote le mouvement.

C’est donc ça, la petite voix qui impose des réflexions techniques en pleine partie ?
Oui ! Votre petite voix, c’est le conscient qui s’adresse à l’inconscient, mais c’est un petit coach minable et tyrannique. Si on fait en sorte de faire taire la petite voix et qu’on laisse parler l’inconscient, on joue bien. Cette vérité vaut dans tous les sports ».

 
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Commentaires

Bien observé

Merci pour ces conseils

Moui un peu de technique et de concentration ne nuit pas non plus on a beau être top zen on peut jouer comme un foulard ...

À mediter

Bonjour, j'ai lu attentivement les réponses aux questions posées à Jean-Philippe Vaillant. Réponses très pertinentes émanant d'un grand professionnel du mental....Lorsque je pratique, j'essaie de jouer en étant au maximum d'un un comportement de relâchement sans avoir des pensées constantes sur ma façon de jouer...Mais Dieu que cela est difficile et j'espère m'influencer tranquillement et sereinement dans un comportement mental qui devrait (je pense et je le souhaite) améliorer quelque peu mon jeu (index actuel : 19.8 - golfeur amateur depuis 5 ans et demi) Belle journée à tous....

avis intéressant, merci

Intéressant à lire, beaucoup de vérités, reste à les mettre en pratique.

Cet avis est très intéressant , je vais essayer de le mettre en pratique

Bonjour

Ayant , bénéficier plusieurs fois des conseils très avisé de Jean-Philippe et je compte reprendre plusieurs leçons car ayant été 2 de handicap j'ai perdu mon golf à cause de yps aux approches ce qui a déréglé l'ensemble de mon swing et j'ai perdu confiance

Bien vu . Bravo

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Les clés du golf
Les bienfaits de la pensée positive

Sur un parcours de golf, votre cerveau est à la fois un allié complexe et un challenger acharné. Faites-le basculer de votre côté en pensant positif !

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